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Le prochain programme Europe Créative a fuité

Cet article a été mis à jour le 11 juillet pour inclure des indicateurs de performance basés sur le projet divulgué de proposition de règlement sur la performance horizontale.

Euractiv a obtenu un projet de proposition de règlement pour le programme Europe créative, bien que le document n'inclue pas encore de budget concret, qui devrait être annoncé le 16 juillet. 

Cette proposition de règlement définit la structure et les objectifs d’Europe créative dans le cadre du prochain budget à long terme de l’UE (cadre financier pluriannuel 2028-2034, CFP). 

Le programme n'a pas encore de nom officiel. Comme le laissaient entendre les rumeurs, le règlement propose de fusionner « Europe créative » avec le programme « Citoyens, égalité, droits et valeurs » (CERV).

Culture Action Europe a analysé le document et partage avec vous sept conclusions clés.

Cette analyse s'appuie sur une proposition non officielle, divulguée et susceptible d'évoluer. Nos observations reposent sur des hypothèses éclairées et se concentrent principalement sur le volet Culture du programme proposé.

1. Le nouveau programme aura une structure révisée : 1) le volet Culture d'Europe créative ; 2) le volet MEDIA+ d'Europe créative ; et 3) le programme CERV comme troisième volet.

La structure proposée est la suivante :

Le volet « Culture » mettra en œuvre l’objectif spécifique suivant :
(1) Contribuer à la création culturelle transfrontalière, à la coopération, à la participation et à l’accessibilité, ainsi qu’à la circulation d’une diversité d’œuvres culturelles, tout en renforçant les dimensions sociales, économiques et internationales des secteurs culturels et créatifs.

Le volet « MEDIA+ » mettra en œuvre les objectifs spécifiques suivants :
(1) Contribuer à la diversité culturelle et à la compétitivité des industries audiovisuelles et du jeu vidéo, notamment en favorisant la création et la distribution transfrontalière de contenus européens et leur accès par les citoyens ('audio-visuel').
(2) Contribuer à un écosystème d'information européen libre, viable et diversifié, notamment en soutenant un journalisme et des médias d'information libres et indépendants, en améliorant l'accès des citoyens à des informations fiables et en luttant contre la désinformation. ('nouvelles').

Le volet [« Valeurs de l'Union »] doit mettre en œuvre les objectifs spécifiques suivants :
(1) Contribuer à la protection et à la promotion des droits fondamentaux, des droits des citoyens consacrés dans les traités, notamment la libre circulation des citoyens, l'égalité et la non-discrimination, et donner du pouvoir à la société civile (« Droits, égalité, citoyens et société civile »).
(2) Contribuer à la lutte contre la violence sexiste, la violence contre les enfants et d’autres groupes à risque (« Daphné »).
(3) Contribuer à renforcer la participation démocratique et à faire respecter l’État de droit (« Participation démocratique et État de droit »).

Comme Culture Action Europe auparavant rapporté, le programme fusionné pourrait servir de véhicule de financement pour le Bouclier européen de la démocratie, la future stratégie de l'UE pour contrer l'ingérence étrangère. Cela semble désormais se refléter dans la structure du volet MEDIA+ : l'un de ses sous-piliers est consacré à l'information, avec pour objectifs de « « lutter contre la désinformation, la manipulation et l'ingérence de l'information étrangère » et « promouvoir l’éducation numérique et médiatique ». 

Dans le volet CERV, le pilier « Participation démocratique et État de droit » comprend également deux objectifs qui reflètent étroitement les priorités du Bouclier démocratique : garantir des élections équitables et soutenir la participation et l’engagement des citoyens.

L'exposé des motifs qui accompagne le règlement proposé détaille la réflexion qui sous-tend la fusion.

La Commission a exploré plusieurs options politiques alternatives. L'une d'elles consistait à poursuivre les programmes « Europe créative » et « CERV » existants. programmes autonomes, tout en introduisant quelques améliorations progressives. Une deuxième option consistait à regrouper les programmes visant à protéger les valeurs, les médias et la culture de l'Union (fusion basée sur des objectifs). Une troisième option était une intégration complète d'Europe Créative et du CERV, ainsi qu'Erasmus+ et le Corps européen de solidarité, sous un seul instrument.  

Les options écartées à un stade précoce comprenaient l’arrêt complet des programmes et des scénarios de fusion alternatifs (combinant uniquement le volet MEDIA+ d’Europe Créative avec le programme CERV).  

L'évaluation des options a montré qu'une fusion fondée sur des objectifs politiques offrait un meilleur potentiel. Elle améliorerait la coordination, permettrait une plus grande flexibilité et optimiserait l'utilisation du budget de l'UE sans compromettre la concentration des politiques ni l'accessibilité. Elle répondait également aux demandes de nombreuses parties prenantes : un accès simplifié au financement, une utilisation plus souple des ressources et des règles communes. Le programme fusionné accordera la visibilité voulue à chaque domaine politique et maintiendra la reconnaissance des marques bien établies dans le cadre de la fusion, assure la Commission. 

2. Comment les bureaux Europe Créative seront-ils financés ? 

Dans le programme actuel Europe Créative, le troisième volet intersectoriel soutient la création et les activités des Bureaux Europe créative. Cependant, ce volet manque en tant qu’élément structurel distinct dans la proposition divulguée pour le nouveau programme.

Au lieu d’un volet intersectoriel dédié, la nouvelle proposition introduit priorités et activités transversales et horizontales tels que l'IA, l'élaboration de politiques et les bureaux de programme (« soutenir la promotion du programme et de ses volets, ainsi que ses possibilités de financement, notamment par l'intermédiaire des bureaux de programme, améliorant ainsi la portée, la visibilité et la diffusion des résultats du programme »). 

Mais si les Bureaux sont désormais considérés comme une priorité horizontale plutôt que comme une action structurelle, on ignore comment ils seront financés et quel volet, le cas échéant, supervisera leur soutien. La remarque mystérieuse « Le financement des priorités et activités transversales et horizontales est déterminé par leur nature et leur portée » laisse la question ouverte. 

3. Le prochain programme Europe Créative conservera très probablement les principaux programmes de financement, mais les actions ciblant des secteurs culturels spécifiques sont incertaines ou ne sont pas clairement mentionnées.

Vous trouverez ci-dessous les objectifs spécifiques du volet Culture du règlement Europe créative actuel et du règlement proposé.

Règlement Europe créative 2021-2027 Proposition 2028-2034
a) renforcer la coopération transnationale et la dimension transfrontalière de la création, de la circulation et de la visibilité des œuvres européennes ainsi que la mobilité des opérateurs des secteurs culturels et créatifs; 

(b) d’accroître l’accès et la participation à la culture, d’accroître l’engagement du public et d’améliorer le développement du public dans toute l’Europe; 

c) promouvoir la résilience de la société et renforcer l’inclusion sociale et le dialogue interculturel par la culture et le patrimoine culturel ; 

d) renforcer la capacité des secteurs culturels et créatifs européens, y compris la capacité des personnes travaillant dans ces secteurs, à cultiver les talents, à innover, à prospérer et à générer des emplois et de la croissance;

e) renforcer l’identité et les valeurs européennes par la sensibilisation culturelle, l’éducation artistique et la créativité fondée sur la culture dans l’éducation; 

(f) promouvoir le renforcement des capacités au sein des secteurs culturels et créatifs européens, y compris les organisations de base et les micro-organisations, afin qu'elles puissent être actives au niveau international; 

(g) contribuer à la stratégie globale de l’Union en matière de relations internationales par le biais de la culture.

a) favoriser la création, la coopération et les échanges transfrontaliers, notamment par la mobilité des artistes et des professionnels de la culture et de la création, les résidences artistiques ainsi que les partenariats entre organisations de toutes tailles ;

b) améliorer l’accès et la participation à la culture et au patrimoine culturel pour tous, notamment les jeunes, et renforcer la résilience et la cohésion sociales, en particulier l’équité, l’égalité et la diversité intergénérationnelles, grâce à l’engagement culturel ;

(c) soutenir la circulation, la distribution, la promotion et la visibilité de contenus culturels européens diversifiés, notamment par l’intermédiaire de plateformes européennes pour les artistes émergents, d’un soutien aux entités visant à former et à promouvoir les jeunes artistes, de prix qui promeuvent le talent et l’excellence artistiques, d’initiatives de tournées et de traduction;

d) renforcer la capacité et les compétences de ces secteurs à stimuler l’innovation et la compétitivité et à gérer les transitions verte et numérique, notamment en soutenant les réseaux, la formation et les activités d’apprentissage entre pairs;

e) promouvoir le développement de politiques culturelles par la coopération et l’échange de bonnes pratiques au niveau européen, et améliorer l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes grâce à une collecte et une analyse de données améliorées et à des actions pilotes;

f) promouvoir les relations culturelles internationales de l’Union et contribuer aux objectifs de l’action extérieure de l’UE par la coopération culturelle;

(g) soutenir la mise en œuvre des décisions établissant une action de l’Union en faveur des capitales européennes de la culture et une action de l’Union en faveur du label du patrimoine européen.

Comme vous pouvez le constater, les objectifs restent largement inchangés et n’introduisent rien de radicalement nouveau. On y trouve plusieurs références à la résilience, à l’équité intergénérationnelle et à la jeunesse, toutes étroitement liées aux nouvelles priorités politiques et au mandat du commissaire Micallef. Le règlement actuel sur l’Europe créative comprend une annexe :Description des actions du programme— qui détaille les dispositifs de financement spécifiques utilisés pour atteindre ces objectifs. Cette annexe est absente de la nouvelle proposition, mais nous avons examiné attentivement les objectifs afin de déterminer s'ils offrent suffisamment d'indices. Sur cette base, voici notre liste des dispositifs de financement susceptibles d'être maintenus :

✓ projets de coopération transnationale

✓ Réseaux européens

✓ plateformes paneuropéennes

✓ mobilité transnationale des artistes

✓ renforcement des capacités pour opérer à l’international

✓ élaboration de politiques, échange de données et de pratiques et projets pilotes  

✓ Capitales européennes de la culture

✓ Label du patrimoine européen

✓ prix culturels (»des prix qui promeuvent le talent artistique et l'excellence)

? Journées européennes du patrimoine (explicitement non mentionnées, pourraient faire partie de »améliorer l'accès et la participation à la culture et au patrimoine culturel pour tous, notamment les jeunes

? soutien aux entités culturelles européennes telles que les orchestres (pourrait faire partie de « soutien aux entités visant à former et à promouvoir les jeunes artistes »)

Même si ces systèmes de financement demeurent, cela ne signifie pas qu’ils ne seront pas modifiés.

Une autre préoccupation est la absence d'actions sectorielles spécifiques dans la propositionLe programme Europe Créative actuel comprend support dédié pour la musique, le livre et l'édition, l'architecture et le patrimoine. Ces lignes de financement sectorielles sont absentes de la nouvelle proposition. Cependant, leur absence ne signifie pas leur disparition définitive. Elles pourraient être intégrées à des objectifs plus larges, tels que : « soutenir la circulation, la distribution, la promotion et la visibilité de contenus culturels européens diversifiés », qui mentionne des initiatives de tournées et de traduction.

Culture Action Europe a entendu plus tôt que l’une des grandes questions lors de la conception de la prochaine édition d’Europe Créative était de savoir s’il fallait poursuivre l’approche sectorielle ou concentrer le soutien sur des projets transversaux.

L'approche sectorielle peut engendrer une concurrence entre des secteurs culturels qui devraient idéalement collaborer. Elle favorise souvent les grands secteurs, qui reçoivent davantage d'attention, tandis que les plus petits, comme les arts visuels, ont tendance à être négligés.

Parallèlement, certains programmes sectoriels spécifiques ont connu un franc succès, comme Music Moves Eur.Pour l'instant, leur avenir au sein du prochain CFP reste incertain.

4. Conditionnalité potentielle liée à la liberté artistique et aux conditions de travail

Le règlement proposé comprend un paragraphe intéressant : « La mise en œuvre du volet « Culture » doit être réalisée dans le plein respect de la liberté artistique et de la diversité des expressions culturelles, et contribuer à l’amélioration des conditions de travail des artistes et des professionnels de la culture et de la création. »

Nous ne savons pas encore comment cette mesure sera appliquée ou contrôlée en pratique, mais Culture Action Europe suppose que cela pourrait faire référence à des conditions. Pouvons-nous espérer que la liberté artistique et les conditions de travail deviennent des exigences formelles dans le processus de candidature ?

Les détails sont encore en attente, mais en 2023, le Parlement européen a appelé la Commission Inclure la conditionnalité sociale dans le processus de candidature d'Europe Créative. Cela signifie que les bénéficiaires de subventions doivent explicitement appliquer des pratiques de travail équitables et respecter les normes sociales dans leurs projets et leurs rapports. La Commission a répondu que la rémunération équitable des artistes est déjà mentionnée dans la base juridique d'Europe Créative (pour être juste, uniquement dans les considérants non juridiquement contraignants, pas dans les articles) et a déclaré qu'elle « envisagera de renforcer la conditionnalité sociale » dans le prochain cycle de programmes de l’Union.

D'autres volets intègrent des principes similaires, quoique légèrement différents : le pilier « Audiovisuel » du volet MEDIA+ met l'accent sur la liberté artistique et la collaboration entre États membres aux capacités audiovisuelles variées, tandis que le pilier « Informations » du volet MEDIA+ met l'accent sur l'indépendance éditoriale et les normes professionnelles des médias. Le volet CERV ne comporte aucun principe directeur.

5. Les sommes forfaitaires comme méthode de financement par défaut pour Europe créative 

Afin de simplifier la mise en œuvre et de réduire la charge administrative pesant sur les bénéficiaires, des formes de financement simplifiées (y compris des financements non liés aux coûts et des sommes forfaitaires) deviendront le moyen standard de remboursement des subventions.

La proposition stipule clairement : « Lorsque le financement de l’Union est accordé sous forme de subvention, il est accordé sous forme de financement non lié aux coûts ou, si nécessaire, au moyen d’options de coûts simplifiées, conformément au règlement (UE, Euratom) 2024/2509. Le remboursement basé sur les coûts réels éligibles ne sera autorisé que si les objectifs de l’action ne peuvent être atteints autrement.»

6. Liens avec le Fonds pour la compétitivité

L’article 15 du règlement proposé contient la disposition suivante :

« Lorsque le soutien de l'Union est fourni sous la forme d'une garantie budgétaire ou d'un instrument financier, y compris lorsqu'il est combiné à un soutien non remboursable dans le cadre d'une opération de mixage, il est fourni exclusivement par l'intermédiaire de l'[instrument d'investissement de la FEC] et mis en œuvre conformément aux règles applicables de l'[instrument d'investissement de la FEC] au moyen d'accords conclus pour ce type de soutien au titre de l'[instrument d'investissement de la FEC]. »

Cela paraît assez mystérieux ! Qu'est-ce que l'instrument d'investissement ECF ? Essayons de le décrypter.

Le successeur d'Europe Créative financera ses actions sous forme de subventions, de prix, de marchés publics et de soutiens non financiers. Toutefois, si un programme souhaite proposer un financement comportant un risque financier, comme une garantie budgétaire (où l'UE garantit une partie d'un prêt en cas de défaut), des prêts, des fonds propres ou un financement mixte (subventions combinées à l'un des éléments ci-dessus), il devra le faire via un instrument distinct, l'Instrument d'investissement du Fonds européen pour la compétitivité. Cet instrument sera doté de ses propres règles et d'un règlement distinct. Il fera probablement suite au fonds InvestEU.

Cela correspond à ce que nous avons vu dans le proposition divulguée concernant le Fonds pour la compétitivitéLe Fonds se concentrera sur plusieurs piliers : 1) Transition propre et décarbonisation industrielle ; 2) Santé, biotechnologie et bioéconomie ; 3) Leadership numérique ; 4) Résilience, industrie de la défense et espace.

Dans le cadre du pilier Leadership numérique, un soutien aux industries créatives est prévu, en complément du programme Europe Créative.

Nous vous rappelons qu'en 2014-2020, le Secteurs culturels et créatifs Garantie Facility Exploité dans le cadre d'Europe Créative, il a aidé les PME culturelles et créatives à accéder à des prêts en fournissant des garanties de prêt aux banques, réduisant ainsi leurs risques. Ce dispositif performant a ensuite été intégré à InvestEU dans le cadre du CFP actuel.

La nouvelle proposition crée un pont pour soutenir les industries créatives par le biais du Fonds pour la compétitivité.

De plus, à l'instar du règlement actuel, la nouvelle proposition autorise le cumul des financements. Une action (un projet) ayant bénéficié d'une contribution de l'Union au titre d'un autre programme peut également bénéficier d'un soutien au titre de ce programme. (Il ne faut pas confondre cela avec un double financement : les contributions de différents programmes doivent toujours couvrir des aspects différents du projet.)

La principale différence réside dans l'application des règles. Selon le règlement actuel, chaque contribution doit respecter les règles de son programme respectif. La nouvelle proposition est plus souple : « un seul ensemble de règles peut être appliqué à toutes les contributions et un seul engagement juridique peut être conclu. »

7. Aucun cadre de suivi, d'évaluation et de contrôle spécifique au programme à ce jour

L'exposé des motifs précise que les procédures de demande et de rapport seront simplifiées et davantage harmonisées grâce à l'introduction de règles communes ou alignées. 

Le suivi et l’établissement de rapports pour ce programme respecteront les exigences énoncées dans le nouveau règlement sur la performance horizontale.

Contrairement au règlement actuel, la nouvelle proposition ne comprend pas d’annexe avec des indicateurs spécifiques au programme.

Si la simplification est bienvenue, l'évolution vers un cadre de suivi unique pour plusieurs programmes suscite des inquiétudes. L'utilisation d'indicateurs ou d'indicateurs clés de performance (KPI) trop rigides, non pertinents ou déconnectés de la réalité du secteur culturel pourrait compromettre l'autonomie et la liberté artistique que le volet Culture est censé protéger.

Mise à jour du 11 juillet 2025 : Culture Action Europe a reçu une fuite d'un projet de proposition de règlement sur le cadre de performance horizontal (via Contexte). Le nouveau règlement introduit un ensemble standardisé d'indicateurs de performance (indicateurs de réalisation et indicateurs de résultat) pour tous les programmes budgétaires de l'UE.

Il prévoit également la création d'un portail unique, un portail public qui rassemblera des informations actuellement fragmentées sur l'exécution du budget, la performance des programmes et les possibilités de financement (par exemple, les appels à propositions ouverts). Chaque indicateur sera également évalué en fonction de sa contribution à l'atténuation du changement climatique, à l'adaptation au changement climatique, à la biodiversité et à l'impact social.

Pour le domaine des politiques d'intervention politique « Activités créatives et artistiques et services culturels » (qui, comme nous le supposons, correspond au volet Culture du nouveau programme), les indicateurs de résultats suivants sont proposés :

  • Nombre de projets spécifiques soutenus (tels que des productions théâtrales, des réalisations cinématographiques, des événements culturels, etc.) dont des œuvres culturelles européennes ;
  • Nombre d’artistes et de professionnels de la culture soutenus, ventilé par UE/hors UE – par sexe ;
  • Organisations soutenues qui s'engagent dans la coopération artistique et culturelle transfrontalière, ventilées par organisations engagées pour soutenir la création d'œuvres européennes/autres ;
  • Nombre de coopérations/partenariats transnationaux soutenus.

Les indicateurs de résultats suivants (mesurant les changements réels) sont également proposés :

  • Nombre de personnes accédant aux œuvres culturelles et créatives européennes – par sexe ;
  • Nombre de personnes accédant aux œuvres culturelles et créatives ;
  • Nombre d'emplois maintenus ou créés dans les entreprises soutenues

La liste actuelle des indicateurs peut être trouvée ici, et les données de performance réelles sont disponibles ici.

Bonus: la majorité des actions du programme dans le cadre des volets MEDIA+ et Culture continueront d'être mises en œuvre en mode de gestion directe par l'Agence exécutive européenne pour l'éducation et la culture (EACEA) pour des raisons de rentabilité.

Conclusions

À première vue, le volet Culture n'apporte aucun changement radical. Sa structure et ses objectifs fondamentaux semblent stables. La plupart des changements (montants forfaitaires, cadre de suivi commun) découlent d'une volonté plus large de simplifier la gestion du budget de l'UE dans le prochain CFP. 

Cela dit, l’un des principaux problèmes qui nécessite encore une attention particulière est le budget.

Le budget total du programme et la manière dont il sera réparti entre les différents volets restent à déterminer. Dans le cadre du programme Europe Créative actuel, les allocations budgétaires sont fixées par le règlement. Le volet Culture reçoit 33 % du total, soit environ 800 millions d'euros sur sept ans. La question de savoir si cette part fixe sera maintenue dans le nouveau règlement et de son ampleur reste ouverte.

Autres aspects à surveiller de près :

  • L’avenir des programmes de financement sectoriels au sein du volet Culture.
  • Comment ce programme interagira avec les autres, en particulier avec le Fonds pour la compétitivité.
  • Les brins conserveront-ils leur visibilité, leur marque et leur identité distincte, comme promis par la Commission dans l'exposé des motifs ?
  • Quel type de cadre de suivi sera appliqué et à quels critères de réussite les projets devront-ils répondre ?

En tant que membre de l'organisation Campagne Demandez, Payez, Faites confiance à l'artiste, Culture Action Europe a réitéré son appel à un financement adéquat et à une augmentation significative du budget pour les volets Culture et Médias d'Europe Créative, dans un lettre adressée à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et au commissaire au budget, Piotr Serafin.

Crédit image : Rena